Mercredi 25 mars 2009
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Après Toulon et Douai, Saint-Quentin. Après le constat de la crise et l'annonce du plan de relance, voici le petit cours d'instruction civique émaillé de
vacheries...
Face à cette "crise écononomique", "sociale", "intellectuelle" et "morale", le Président, remonté comme une Rolex, a décidé de sortir
l'artillerie lourde.
En vrac : "valeurs", "repères", "morale", "éthique", "règle", "devoir", "responsabilité", "mérite",
"excellence", "travail", "effort", "réussite", "respect", "ordre républicain"...
Grands principes à gogo, c'était beau comme du Guaino !
Un bémol cependant : "La bonne nouvelle, c'est que cette crise, en ébranlant toutes nos anciennes façons de voir et de faire, au fond, elle nous rend de nouveau
libres. Oui. Libres de penser, libres d'imaginer, libres d'agir, libres d'inventer notre avenir. Cela fait des années que dans notre société politique, on n'est plus libres, à force de
répéter le catéchisme de la pensée unique, de la pensée convenue, de la pensée fausse."
La crise nous rendrait de nouveau libres ?
Hum, hum... Libres de devenir décroissants peut-être ?!
On a beau comprendre l'idée avancée par la plume du Président, on ne peut s'empêcher de se souvenir que dans un passé sordide, c'était le travail qui... Malaise.
Dommage, car dans l'ensemble, le discours pondu par Henri Guaino et la prestation fournie par le Président étaient plutôt réussis. Du bon spectacle.
Cette fois, on ne s'est pas ennuyé ! Ne faisons pas notre mijaurée et avouons que les petites vacheries dont le Président truffa son discours n'y furent pas pour rien...
Liste non exhaustive :
Les manifestants : "Mais ces mesures mes chers compatriotes, ce n'est pas de l'assistanat, car l'assistanat, ce n'est pas la solution. Ces
mesures, c'est de la justice pour ceux qui souffrent le plus, qui ne sont pas ceux qui protestent le plus. C'est mon devoir de chef d'Etat d'entendre la souffrance discrète, la souffrance humble,
la souffrance modeste de ceux qui n'ont pas les moyens de se faire entendre, mais qui sont exposés face à la crise. J'ai observé que les plus pudiques, c'était parfois ceux qui avaient le plus
besoin de la solidarité, et que les moins pudiques, c'était parfois ceux pour qui la crise ne changeait rien."
Lionel Jospin : "Je le dis de la façon la plus claire, personne ne sera abandonné, personne ne sera laissé au bord du chemin. Et à
ceux qui me disent que ça coûtera de l'argent, ça coûtera moins d'argent de donner une chance d'un nouvel emploi, une chance, une nouvelle formation à des gens qui sont poussés au désastre et à
la désepérance parce qu'ils n'ont plus rien, que de leur dire "j'y peux rien" comme à l'époque de Vilvoorde où on s'est trouvé avec un Premier ministre qui disait "j'y peux rien". Eh bien moi,
c'est un engagement que je prends devant les Français, jamais, vous m'entendez, jamais je ne dirai que ce n'est pas mon affaire, je n'y peux rien, je ne suis pas responsable ! Jamais ! Parce que
cet abandon-là, il coûtera beaucoup plus cher au contribuable."
Les "pays qui ne respectent aucune des règles environnementales que nous imposons à nos entreprises" : "Eh bien, ces pays
payeront à ce moment-là, dans le cadre de la taxe carbone que nous ferons, une taxe qui est parfaitement normale. Il n'y a aucune raison que nous acceptions en plus du dumping social, du dumping
monétaire, du dumping fiscal, un dumping environnemental qui finira par conduire le monde à la ruine."
Tous ceux qui l'ont précédé au pouvoir : "Mais partout dans le monde où sera décidé une mesure efficace, eh bien, je veillerai à ce
qu'on s'en inspire. Parce qu'après tout, si les autres font quelque chose de bien, pourquoi, on irait pas nous, nous inspirer de ce qui marche ? La France s'est si longtemps inspirée de ce qui
marchait pas."
Les experts : "Et chaque fois, et chaque fois qu'il y aura un rebondissement dans cette crise qui n'en manque pas, eh bien nous
réagirons et nous nous adapterons. Oui bien sûr, je revendique ce pragmatisme. Parce que les experts n'ont pas prévu la crise. Les experts, comme d'habitude, ne savent pas comment sortir de la
crise. Et les experts j'en suis certain, seront brillantissimes... trois ans après la crise. Ils expliqueront alors, avec beaucoup d'autorité, pourquoi la crise est intervenue, comment elle est
intervenue et ce qu'il aurait fallu faire pour en sortir plus tôt. Mais moi ch'uis pas un expert ! Cette crise, il faut qu'on la gère..."
Les socialistes français : "Ne pas prendre par l'impôt plus de 50 % du revenu d'un ménage, c'est un principe de liberté, de liberté. Je
suis attaché au mot et à la réalité de liberté. C'est un principe qui en Allemagne est inscrit dans la Constitution. Nos amis allemands, principaux concurrents, principaux partenaires, notre
grand voisin. Le principe que l'Etat n'a pas le droit de prélever plus de 50 % de l'argent gagné par un contribuable allemand, les allemands y sont tellement attachés qu'ils l'ont inscrit dans la
Constitution. Et il ne viendrait à l'idée naturellement d'aucun membre de la CDU-CSU de revebir sur cet engagement, mais plus intéressant, d'aucun socialiste allemand d'y revenir. Eh bien
j'aimerais que ce que les socialistes allemands ont compris il y a vingt-cinq ans..." Le Président, comme au théâtre, laisse sa phrase en suspens et affiche une moue navrée... La salle
applaudit à tout rompre.
Martine Aubry : "Dans les valeurs qui sont les nôtres [ ... ], j'ai employé le mot liberté. Il y a la liberté bien sûr, mais il y a
LES libertés. Les libertés tout le monde en parle... apparemment, ça fait pas toujours recette...mais qu'il me soit permis d'en parler moi-même." Chacun aura bien entendu compris la
référence au flop du meeting sur les libertés, organisé dimanche dernier par le PS, à l'initiative de Martine Aubry.
Les anticapitalistes : "Si on ne veut pas faire le jeu des anticapitalistes, alors le capitalisme doit cesser de se caricaturer lui-même. Le
sommet de Londres ne doit pas être un sommet technique, mais un sommet politique où se jouera la question de savoir si l'on réforme le capitalisme ou si l'on laisse le champ libre à ceux qui
veulent le détruire, et qui en même temps, ne nous y trompons pas, détruiront la liberté. Nous savons où mène l'anticapitalisme, nous n'avons pas envie de recréer les conditions des drames du
passé."
Les patrons : "Qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté, puisse partir avec un parachute doré en récompense des
difficultés qu'il a créées, ce n'est pas responsable et ce n'est pas honnête."
Les journalistes : "...ben alors maintenant, il paraît que je serais fâché avec les patrons, disait un grand journal. Ah ben, c'était bien la
peine alors, d'avoir dit pendant des années que j'étais l'homme du patronat alors, franchement, on ne s'y reconnaît plus, alors moi je ne sais même plus où je me trouve avec tous ces
commentaires. Bon... C'est le grand avantage de certains métiers, c'est que la cohérence ne fait pas partie de l'éthique."
Bref, on l'aura compris : tous des cons !
Source : dailymotion.com et LCP\Public Sénat (cliquer ici).
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