Crise 2008

Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 11:24


Samedi dernier, le billet "Discours de Douai : la relance plan-plan" ironisait sur la prime à la casse des voitures de plus de dix ans : si c'est ça la solution, pourquoi pas huit, six, quatre, deux ans peut-être ? Soucieux de contribuer au bien-être économique de notre pays, nous proposions également une audacieuse relance de l'emploi dans le bâtiment...

 

Ben voilà, ça y est. On est déjà passé à huit !
Peugeot et Renault étendent le dispositif gouvernemental aux voitures âgées de huit à dix ans (lesechos.fr du 08.12.08). A la lecture de l'article des Echos, nous apprenons que Renault avait annoncé cette mesure dès jeudi. Nous l'ignorions (comme quoi, on croit faire son malin alors qu'en fait, nos décideurs déconnent beaucoup plus vite que nous !).  
Peugeot, lui, vient  tout juste d'embrayer, histoire de suivre la concurrence dans son délire.

Est-ce que demain, Darty ou un autre va nous proposer une prime de 10 euros pour foutre à la décharge notre grille-pain préhistorique acheté l'an dernier ?
Ou 50 euros pour un frigo grabataire qui ne fêtera jamais son second anniversaire ?

Est-ce qu'après-demain, Casino, Auchan et cie vont nous offrir une prime de 1 euro pour envoyer à l'incinérateur le surgelé acheté la veille ?

Sont gravement malades ces gars-là !
Détruire des richesses pour soutenir l'emploi (ou les ventes), c'est ubuesque ! Dingo.
Le serpent qui se mord la queue, ça ne durera qu'un temps (jusqu'au 31.12.09 a priori)...

Ah, il est beau leur développement durable !!!

Si c'est ainsi qu'ils comptent "refonder le capitalisme", on n'a pas fini de se marrer !


Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008 - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 05:57


Jeudi 4 décembre, à Douai, le Président a présenté son plan de relance.
Ces sous-doués de français étant trop bêtes et trop peureux pour consommer à gogo, il faut bien que l'Etat le fasse à leur place ! D'où la relance de l'investissement public, le soutien à la trésorerie des entreprises, la prime à la casse etc. On nous avait dit que ce plan serait massif. Tu parles, Charles ! 26 malheureux milliards, c'est un peu cheap quand même... On nous avait habitués à mieux !

Du coup, de nombreux observateurs pronostiquent un nouveau plan pour 2009 si la crise perdure. D'après Le Monde du 05.12.08, Jacques Attali pencherait même pour janvier ou février. Petit rappel : on est en décembre ! Vont finir par se télescoper tous ces plans...

 

Enfin bref, 26 milliards c'est pas assez. C'est un peu trop timide comme relance. Ca va pas le faire. Pas suffire. Pourtant, le Président est plein de bonne volonté. Si, si, on le reconnaît. Il s'escrime, il s'échine. Il fait des plans sur la comète toutes les cinq minutes. On voit bien qu'il s'efforce désespéremment de faire repartir l'économie et qu'il tente tout : en parlant, en faisant des moulinets avec les bras...

C'est bien simple, à le regarder comme ça, on dirait notre voisin quand il essaie de démarrer la tondeuse ! S'il est aussi doué que lui, c'est pas gagné...


Bon, c'est vrai, c'est pas gentil de se moquer des gens qui bricolent. Mea culpa.

M'enfin quand même, cette prime à la casse... Si on se sépare d'une voiture de plus de dix ans et si on en achète une neuve, on touche 1 000 euros. Mais si elle marche très bien, c'est un peu idiot, non ? Or, elle marche sans doute très bien puisqu'elle est passée au contrôle technique récemment.

C'est logique d'envoyer à la casse une voiture dont le seul problème est qu'elle a plus de dix ans ? C'est logique de détruire une richesse ?

Si c'est logique, pourquoi s'en tenir à dix ans? Si c'est ça la solution, pourquoi pas huit ? Six ? Quatre ! Deux, vous croyez ? Est-ce bien raisonnable ?!
Eh, eh ! Ca va faire du boulot, ça ! Ca fera encore plus de voitures neuves à produire. Des voitures qu'on pourra, elles aussi, envoyer à la casse le plus tôt possible...

C'est génial comme système ! C'est le mouvement perpétuel appliqué à l'économie !
Tu détruis, tu achètes. Tu détruis, tu achètes. Tu détruis, tu achètes.
Et le jour où tu réfléchis, c'est trop tard : t'as déjà perdu la tête. Complètement lobotomisé par cette impitoyable frénésie, tu achètes mécaniquement... ce que tu viens de détruire !
C'est dire si t'es con...

Non mais, c'est fabuleux cette technique ! Ca marche aussi pour les immeubles ?
Non, sans blague : est-ce qu'on se rend compte du nombre d'emplois qu'on pourrait créer dans le bâtiment si on voulait bien détruire les immeubles... sitôt construits ?!! 

Hip ! Hip ! Hip ! Hourra ! Et voilà comment sur un petit blog de rien du tout, on vient de trouver la solution au chômage !

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008 - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 15:18


Certes, c'est encore un peu tôt pour l'affirmer !
Pourtant, nul ne doute qu'une fois la crise passée, notre Président saura rappeler le rôle prépondérant qu'il a joué dans la création et la réunion de ce fameux G20 ; indéniable premier pas vers le Nirvana. Gloire à lui !
En attendant, prenons connaissance sur le site internet de l'Elysée de la version française du compte rendu du G20.

La presse mondiale y voyant "un premier pas", nous nous efforcerons donc de faire preuve d'indulgence. En effet, tous les amoureux de la Terre savent par expérience à quel point celui-ci peut être paralysant...

Ca commence ainsi : "Nous, dirigeants du groupe des Vingt, avons tenu une réunion initiale à Washington le 15 novembre 2008 concernant les graves difficultés que connaissent les marchés financiers et l'économie mondiale."
Bien, comme ça les extraterrestres sont au courant.

"Nous sommes déterminés à renforcer notre coopération et à travailler ensemble pour restaurer la croissance mondiale et réaliser les réformes nécessaires dans les systèmes financiers du monde."
Restaurer la croissance mondiale est leur leitmotiv. Pas de distinction entre pays développés et PVD. Pas de remise en cause du système productiviste mondialisé.
Il faut croître, coûte que coûte. Il faut produire à tout prix. N'importe quoi, n'importe où, 
n'importe comment et pour n'importe quel usage.
Faut produire, pas réfléchir.

"Nous serons guidés dans nos travaux par la conviction commune que les principes du marché, des économies ouvertes et des marchés financiers correctement réglementés favorisent le dynamisme, l'innovation et l'esprit d'entreprise qui sont indispensables à la croissance économique, à l'emploi et à la réduction de la pauvreté."
Ils seront "guidés" dans leurs travaux par une "conviction commune". Les braves, guidés comme des chevaux à l'attelage...
Faut être guidé, pas s'emmerder.

Suit un paragraphe intitulé "Causes profondes de la crise actuelle".
On peut y lire : "Durant la période de croissance mondiale soutenue, d'essor de flux de capitaux, et de stabilité prolongée qui a marqué les débuts de cette décennie, les acteurs des marchés ont cherché à obtenir des rendements plus élevés sans évaluer les risques de façon adéquate et sans faire preuve de la vigilance requise."
D'où, si on comprend bien, la crise actuelle ne tirerait son origine que depuis "les débuts de cette décennie". Pas la peine de se casser la tête : les causes profondes n'ayant pas plus de dix ans, elles ne sont donc pas si profondes que ça. Le système en tant que tel, bien plus âgé, n'est pas concerné. Ouf.
Faut se rassurer, pas s'inquiéter.

"Les décideurs, les régulateurs et les superviseurs n'ont pas réussi à évaluer les risques qui s'accumulaient sur les marchés financiers et à y répondre de manière adéquate, à suivre le rythme des innovations financières et à prendre en compte les ramifications systémiques des mesures de régulation nationales."
Bref, pas des flèches ces décideurs, régulateurs et autres superviseurs !
Faut les excuser, pas les blâmer.

"Des facteurs sous-jacents majeurs qui ont influe (sic) sur la situation actuelle sont en autres (re-sic ) des politiques macroéconomiques incohérentes et mal coordonnées, des réformes structurelles inadéquates qui ont conduit a (sic again) des résultats macroéconomiques globaux  insoutenables."
Aïe ! Des majeurs sous-doués jactant de manière incohérente, mal coordonnée et inadéquate conduisent le citoyen à une macro-migraine quand il essaie de comprendre ne serait-ce qu'un chouia de ce charabia globalement insoutenable... Pitié.
Faut les comprendre, pas les pendre !



PS : bon, il y en a 17 pages comme ça ! Là, on en est à la 2...

Source : lefigaro.fr du 16.11.08
Lien pour lire ce sabir par soi-même (doc en PDF) : ici

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008 - Communauté : Les blogs républicains
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 14:24


Retour sur une interview d' Alain Madelin par le Nouvel Observateur :

Question du N.O. : "Ce serait donc la faute à l'Etat américain et pas aux excès du libéralisme !"

Réponse d'A. Madelin : "A l'origine de cette crise, il y a la crise des subprimes et le rôle des agences paragouvernementales Fanny Mae et Freddy Mac. Il faut savoir que la loi américaine oblige les banques à prêter aux pauvres et aux minorités. Constatant que les banques comme on le dit 'ne prêtent qu'aux riches', les politiciens américains, soucieux de favoriser l'accession à la propriété, ont développé en direction des plus pauvres un système de prêts bénéficiant d'une garantie implicite de l'Etat. Ce système est devenu euphorique car les prix de l'immobilier ne cessaient de monter. Hélas le marché immobilier, nourri par une création monétaire imprudente de la Banque fédérale, s'est retourné. Avec la révolution financière et la titrisation (mécanisme de mutulisation et de réduction des risques), ces actifs immobiliers risqués ont été  
disséminés partout dans le monde d'autant qu'ils bénéficiaient de notations avantageuses des grandes agences spécialisées, qui d'ailleurs constituent un ogilopole protégé par l'administration américaine."

On ne le répétera jamais assez : l'enfer est pavé de bonnes intentions...


Tout cela est exact, certes. Dommage cependant qu'A. Madelin n'incrimine pas aussi la mondialisation, ce phénomène infiniment pervers qui rend, comme par magie, le modeste paysan ardéchois solidaire d'excès spéculatifs commis à des milliers de kilomètres de sa misérable ferme...

Pour rappel : dans une interview accordée à La Tribune des 10 et 11 octobre 2008, Valéry Giscard d'Estaing reconnut "... que le grand coupable, dans cette affaire, c'est la globalisation qui a conduit à diffuser sur la planète des produits et des pratiques contestables qui auraient dû rester cantonnés dans la sphère nationale. La globalisation n'est pas la bonne solution ; les vagues qu'elle crée sont trop fortes. Il faut s'interroger aussi sur nos actes : pourquoi avoir fusionné la Bourse de Paris et celle de New York? C'est une idée étrange. Dans ce monde, il faut de grands ensembles de nations qui soient homogènes et gèrent leurs affaires en commun. L'Europe est un de ces ensembles, tout particulièrement la zone euro."

Sources : Le Nouvel Observateur du 02 au 08 octobre 2008 et La Tribune des 10 et 11 octobre 2008.

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /2008 18:08

Paris a encore perdu 7,73% aujourd'hui. Sur un an, ça fait -45%.

Pour ceux qui pensent qu'on a touché le fond de la piscine : "Pull marine"

Pour ceux qui pensent que le cauchemar va continuer : "Nightmare"

Pour ceux qui veulent en finir : "La double vie de Véronique" !

Quant à nous, ce sera une virée en boîte à "New York, New York"...
(faut prendre le jet, c'est ça qu'est chiant :)) 

Sources : youtube.com, Isabelle Adjani, BrainBug, Zbigniew Preisner et Nina Hagen

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008 - Communauté : Humour au quotidien
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /2008 15:15


Hier, c'est-à-dire le 09.10.08, les médias francophones célébraient la mémoire du phénoménal Jacques Brel, disparu il y a trente ans, jour pour jour.

Or, c'est justement cette date que choisit l'ancien Président Valéry Giscard d'Estaing pour sortir de sa réserve, en accordant au quotidien économique La Tribune, une interview publiée aujourd'hui.

Date qui ne doit sans doute rien au hasard quand on connaît la "coquetterie" de l'ex-Président en ce qui concerne les dates symboliques. 
Petit rappel :  pour inaugurer le "Giscardoscope" (plus communément appelé Vulcania),
VGE avait retenu la date palindromique du 20.02.2002.
Palindromique??? Ca veut dire qu'elle peut se lire dans les deux sens...
Eh ! Eh ! C'est un métier la politique, faut pas croire !

Du coup, nous pouvons affirmer sans risque que c'est à dessein que le seigneur des volcans a choisi de s'exprimer le 9 octobe, jour anniversaire de la mort de Jacques Brel.
Cf. les paroles de "Ne me quitte pas", particulièrement explicites :

..."On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril"...

De quoi redonner la pêche à tous les seniors de la Terre...

VGE n'est pas seulement facétieux, il est également en pleine forme !
Voici donc quelques extraits de cette interview à l'acide chlorhydrique qui restera sûrement et pour longtemps, en travers de la gorge de notre exécutif...


Comment recréer un climat de confiance? :

"Il faut d'abord tenter de comprendre ce qui se passe vraiment. C'est une crise qui a été aggravée par l'incompétence et l'agitation. L'incompétence, parce qu'on a pas traîté le véritable sujet au début, et qu'on a attendu beaucoup trop longtemps. L'agitation parce qu'on a fait passer l'opinion d'un état d'inquiétude - qui était compréhensible - à l'affolement. Les épargants français n'ont jamais couru, à aucun moment, aucun risque pour leurs dépôts. Mais, à force de déclarations, on a fini par créer une sorte de panique, qui a amplifié les problèmes initiaux. Retrouvons notre calme."


A propos de ceux qui considèrent que la crise actuelle est sans précédent depuis celle de 1929 (Soros, Greenspan, Fillon) :

"S'ils continuent à faire la comparaison avec les années 30, ils vont finir par l'obtenir !"


Le nouveau "Bretton Woods" proposé par notre Président actuel ne l'inspire guère :

"Il est encore plus absurde d'en appeler à un 'nouveau Bretton Woods' : le problème du système monétaire international ne se pose pas. L'évoquer ne fait qu'ajouter à l'inquiétude et à la déraison."


A propos du G4 organisé par notre Président, samedi 4 octobre, à Paris :

"Si l'on prend une telle initiative, il faut s'assurer que l'on a 90% de chances de réussir. Car si vous échouez, vous aggravez la crise. Or, je pense qu'il n'y avait aucune chance d'aboutir à des mesures adéquates, visibles pour l'opinion publique."


Quand on lui demande directement comment il juge la gestion de la crise par le Président, il se reprend quelque peu :

"Etant président de l'Union européenne, il a tenu à exercer cette responsabilité, ce qui était normal. Et son tempérament est de montrer que, en temps de crise, il est capable d'agir. Il l'a fait notamment en rappelant les garanties de dépôts dont profitent les épargnants français."


Au vu de celles qui précèdent, la dernière réponse semble relever de la plus haute diplomatie...

L'interview de VGE est intéressante à plus d'un titre car il semble considérer que le "grand coupable, dans cette affaire, c'est la globalisation qui a conduit à diffuser sur la planète des produits et des pratiques contestables qui auraient dû rester cantonnés dans la sphère nationale."

Comme quoi, tout arrive !  Il  faut vite se ruer chez son kiosquier préféré : La Tribune des 10 et 11 octobre 2008, ç'est collector !

Certes, papy flingueur nous a bien fait rire. Pour autant, la gestion de la crise par le Président et le Premier ministre ne nous semblait pas mériter, a priori, un tel feu nourri...

Enfin...après tout, peut-être que le meilleur sniper de la politique française a voulu mettre à l'honneur l'un des plus nobles objectifs du gouvernement : remettre les seniors au boulot !


Sources : La Tribune (version papier) du vendredi 10 et du samedi 11 octobre 2008, et bien sûr...Jacques Brel.

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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /2008 18:37


                                          06.10.08 : la crise bancaire dégénère en moyen krach

Paris perd 9% aujourd'hui et 36% sur un an.

Tandis que les spéculateurs les plus avisés se triturent les méninges (faut-il acheter plein pot dès demain ou attendre le grand krach?), le citoyen impécunieux, lui, s'en va flâner dans le quartier des banques en fredonnant un vieux standard de jazz...


...et c'est seulement par pure charité que lorsqu'il passe devant la sienne, il se retient de chanter à tue-tête : "Ah ! Si j'avais un franc cinquante..."



Sources : Boris Vian (VF), lalala et myspace.com 
          

 

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 12:32

Bouh ! C'est la crise et nous sommes tous très déprimés, mais comme le disent les grand-mères :"à chaque chose, malheur est bon".

Puisqu'il est à la mode ces temps-ci de fustiger les revenus exorbitants des super-patrons et des super-spéculateurs, pourquoi ne pas profiter de ce moment unique pour mettre les pieds dans le plat?
Cette divine petite crise nous offre une opportunité inouïe, une fenêtre de tir inespérée dont il faut savoir profiter avant que la hausse des cours, fatalement, ne la referme...

Aujourd'hui, les plus hauts représentants de l'Etat et du patronat font mine de s'insurger contre les différentes formes de revenus immérités : parachutes dorés, cadeaux bonus, rémunérations extravagantes... C'est un phénomène international, même l'Empire (américain) s'y met. Encore un peu et on va s'attaquer aux footballeurs ! Frédéric Taddeï pourrait le dire : c'est "ce (grand) soir ou jamais".

Sainte Marie-Ségolène pleine de grâce l'a-t-elle compris, elle qui samedi soir dernier, organisait au Zenith de Paris un inédit et mystique meeting de la "fra-ter-ni-té"...?
Si on y parla certes, de la crise, force est de reconnaître que rien de bien palpitant n'est sorti de la ségo-messe.
 
Alors que, sans verser dans le délire communisto-égalitaire, il serait sans doute possible de capitaliser (!) sur la crise actuelle pour faire progresser dans le débat public, la si explosive proposition du plafonnement des revenus. Proposition a priori saugrenue, mais qui aurait cependant le mérite de renforcer la cohésion sociale. C'est-y pas fraternel, ça?

Bien sûr, pas question de ramener les revenus d'un chirurgien à ceux d'une femme de ménage ! Restons sérieux. Par contre, nous pourrions commencer à réfléchir à un nouveau droit du citoyen. Par exemple : dans une société donnée, l'écart de revenus entre individus actifs ne peut décemment pas excéder le rapport de un à cent.

Si le revenu minimum d'un travail à temps complet se monte à 1 000 unités mensuelles, le revenu maximal admissible serait alors plafonné à 100 000 unités.
Aïe ! On imagine aisément l'indignation des libéraux les plus orthodoxes : cela tuera l'initiative individuelle et étouffera les talents ! Pourquoi travailler plus et mieux si on ne peut pas gagner tant et plus?!

Calme... Il n'est pas dans notre propos d'empêcher les individus les plus performants de donner la pleine mesure de leur talent. Non, seulement de donner du sens à leur vie, du moins, un autre sens que celui d'accumuler des richesses superflues qui, lors d'une crise économique majeure, deviendront inévitablement une abominable source d'inquiétude...

Qu'on se rassure : pour ne pas annihiler les indéniables bénéfices du système libéral,
l'individu particulièrement entreprenant, talentueux ou chanceux, conserverait la possibilité de dégager des revenus supérieurs, même s'il ne profiterait pas personnellement, de ce surplus (reversé à l'Etat...).
Avec ce mécanisme, la cupidité ne pourrait plus être LE moteur, exclusif, de son action.

Ce ne serait pas une limite à l'initiative individuelle, mais une limite à la jouissance.
Nuance !
L'individu qui générerait plus de 100 000 unités de revenus par mois aurait la satisfaction de décider, par lui-même, de l'affectation de son surplus au budget de l'Etat : aide au développement des pays nécessiteux, politique énergétique et écologique, éducation et formation professionnelle, régime de solidarité, recherche scientifique, justice, police, prisons, armées, logement, santé, retraites, sport, culture etc.

Ainsi, l'individualisme forcené et l'altruisme fantasmé qui animent chacun d'entre nous, pourraient enfin s'épanouir de concert...

L'individu resterait totalement libre de produire, d'entreprendre et de créer.
Dans ce système, sa volonté de contribuer au bien commun serait, en fait, sa seule limite !

Quel être humain serait assez rat pour s'y refuser?


On ne sait pas. On déconne ! On ne sait qu'une chose : acheter au son du canon et vendre au son du clairon...telle est notre devise !


Sources : youtube.com avec Boris Vian, Dalida et A. Delon; Rue89.com du 27.09.08; marianne2.fr du 29.09.08; jdf.com du 27.09.08.

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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /2008 15:03


Hier soir, le Président a tenu un discours qui fera date.

Les Français auraient peur. Soit.
Il faudrait leur dire la vérité. Chiche !

Par exemple : j'ai fait toute ma campagne électorale sur le point de croissance supplémentaire, le pouvoir d'achat etc. J'étais favorable à des subprimes à la française... Je me suis planté. Je n'avais rien compris à la situation économique mondiale.
Je ne suis pas un  visionnaire, juste un  volontariste de base. J'ai merdé complet, d'accord.
Hier, je voulais tout déréglementer, tout privatiser. Aujourd'hui, je vous propose de réguler le capitalisme dévoyé, d'encadrer ses excès, de protéger. Bref, de réglementer.
Et s'il le faut, je nationaliserai les pertes des banques. Le spéculateur et le patron-looser, now, je les ai en horreur. J'étais libéral, me voici étatiste. Et alors, y'a un problème?


Le Président a bien fait de chiper la Lanterne au Premier ministre. Grâce à elle, il a plein d'idées révolutionnaires amusantes qui lui trottent dans la tête. Et même des chansons :

Ah, ça ira, ça ira, ça ira
Les salauds de patrons à la Corbeille
Ah, ça ira, ça ira, ça ira
Les salauds de patrons, on les pendra !

Terminé, les parachutes dorés et les bonus faramineux de cette bande de nulos. Fini, le bling-bling et l'argent facile des patrons calamiteux. Place à la morale et au mérite. 
Aargghh ! Une terrible angoisse nous étreint. Et Bernard Tapie, il ne risque rien au moins? 


Le Président nous l'a dit : "Une certaine idée de la mondialisation s'achève..."
Zut, alors ! On nous en avait dit tellement de bien. C'est dommage que ce soit fini avant même d'avoir pu en profiter...
Ce n'est pas grave car une aventure passionnante s'offre à nous désormais : un nouveau
capitalisme qu'il va falloir "refonder".
On commencera par faire sauter les départements. Ca défoule.


Ah, quand même ! Quand on pense que cette affreuse crise financière tire son origine de celle des "subprimes"...pfff...voilà ce qu'il en coûte de vouloir aider les pauvres à se loger !
Foi de capitaliste refondé, pareille idée ne nous reprendra pas de sitôt...



Sources : Libération du 26.09.08, youtube.com avec Doc Gyneco et B.Tapie

 

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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /2008 14:03

Meuuhhh, non !
Contre les "subprimes" de la déprime, le Président a forcément une solution.
Il en a toujours.


Après avoir tancé les irresponsables de Wall Street, chez eux à New York, le Président 
saura sûrement trouver les mots pour rassurer les Français, ce soir à Toulon.
Bla bla...la situation est grave...mais pas désespérée...bla bla bla...

A lire : un savoureux article de Marianne2.fr qui rappelle que notre Président ne fut pas toujours opposé aux "subprimes"...


Sources :  dailymotion.com et Sylvie Vartan, lexpansion.com du 23.09.08 (avec reuters), marianne2.fr du 19.09.08
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