Certes, c'est encore un peu tôt pour l'affirmer !
Pourtant, nul ne doute qu'une fois la crise passée, notre Président
saura rappeler le rôle prépondérant qu'il a joué dans la création et la réunion de ce fameux G20 ; indéniable premier pas vers le Nirvana. Gloire à lui !
En attendant, prenons connaissance sur le site internet de l'Elysée de la version française du compte rendu du G20.
La presse mondiale y voyant "un premier pas", nous nous efforcerons donc de faire preuve d'indulgence. En effet, tous les amoureux de la Terre savent par
expérience à quel point celui-ci peut être paralysant...
Ca commence ainsi : "Nous, dirigeants du groupe des Vingt, avons tenu une réunion initiale à Washington le 15 novembre 2008 concernant les graves difficultés que connaissent
les marchés financiers et l'économie mondiale."
Bien, comme ça les extraterrestres sont au courant.
"Nous sommes déterminés à renforcer notre coopération et à travailler ensemble pour restaurer la croissance mondiale et réaliser les réformes
nécessaires dans les systèmes financiers du monde."
Restaurer la croissance mondiale est leur leitmotiv. Pas de distinction entre pays développés et PVD. Pas de remise en cause du système
productiviste mondialisé.
Il faut croître, coûte que coûte. Il faut produire à tout prix. N'importe quoi, n'importe où,
n'importe comment et pour n'importe quel usage.
Faut produire, pas réfléchir.
"Nous serons guidés dans nos travaux par la conviction commune que les principes du marché, des économies ouvertes et des marchés financiers correctement
réglementés favorisent le dynamisme, l'innovation et l'esprit d'entreprise qui sont indispensables à la croissance économique, à l'emploi et à la réduction de la
pauvreté."
Ils seront "guidés" dans leurs travaux par une "conviction commune". Les braves, guidés comme des chevaux à
l'attelage...
Faut être guidé, pas s'emmerder.
Suit un paragraphe intitulé "Causes profondes de la crise actuelle".
On peut y lire : "Durant la période de
croissance mondiale soutenue, d'essor de flux de capitaux, et de stabilité prolongée qui a marqué les débuts de cette décennie, les acteurs des marchés ont cherché à obtenir des
rendements plus élevés sans évaluer les risques de façon adéquate et sans faire preuve de la vigilance requise."
D'où, si on comprend bien, la crise actuelle ne tirerait son origine
que depuis "les débuts de cette décennie". Pas la peine de se casser la tête : les causes profondes n'ayant pas plus de dix ans, elles ne sont donc pas si profondes que ça. Le système en
tant que tel, bien plus âgé, n'est pas concerné. Ouf.
Faut se rassurer, pas s'inquiéter.
"Les décideurs, les régulateurs et les superviseurs n'ont pas réussi à évaluer les risques
qui s'accumulaient sur les marchés financiers et à y répondre de manière adéquate, à suivre le rythme des innovations financières et à prendre en compte les ramifications
systémiques des mesures de régulation nationales."
Bref, pas des flèches ces décideurs, régulateurs et autres superviseurs !
Faut les excuser, pas les blâmer.
"Des facteurs sous-jacents majeurs qui ont influe (sic) sur la situation actuelle sont en autres (re-sic ) des politiques macroéconomiques
incohérentes et mal coordonnées, des réformes structurelles inadéquates qui ont conduit a (sic again) des résultats macroéconomiques globaux
insoutenables."
Aïe ! Des majeurs sous-doués jactant de manière incohérente, mal coordonnée et inadéquate conduisent le citoyen à
une macro-migraine quand il essaie de comprendre ne serait-ce qu'un chouia de ce charabia globalement insoutenable... Pitié.
Faut les comprendre, pas les pendre !
PS : bon, il y en a 17 pages comme ça ! Là, on en est à la 2...
Source : lefigaro.fr du 16.11.08
Lien pour lire ce sabir par soi-même (doc en PDF) : ici
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