Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 14:24


Retour sur une interview d' Alain Madelin par le Nouvel Observateur :

Question du N.O. : "Ce serait donc la faute à l'Etat américain et pas aux excès du libéralisme !"

Réponse d'A. Madelin : "A l'origine de cette crise, il y a la crise des subprimes et le rôle des agences paragouvernementales Fanny Mae et Freddy Mac. Il faut savoir que la loi américaine oblige les banques à prêter aux pauvres et aux minorités. Constatant que les banques comme on le dit 'ne prêtent qu'aux riches', les politiciens américains, soucieux de favoriser l'accession à la propriété, ont développé en direction des plus pauvres un système de prêts bénéficiant d'une garantie implicite de l'Etat. Ce système est devenu euphorique car les prix de l'immobilier ne cessaient de monter. Hélas le marché immobilier, nourri par une création monétaire imprudente de la Banque fédérale, s'est retourné. Avec la révolution financière et la titrisation (mécanisme de mutulisation et de réduction des risques), ces actifs immobiliers risqués ont été  
disséminés partout dans le monde d'autant qu'ils bénéficiaient de notations avantageuses des grandes agences spécialisées, qui d'ailleurs constituent un ogilopole protégé par l'administration américaine."

On ne le répétera jamais assez : l'enfer est pavé de bonnes intentions...


Tout cela est exact, certes. Dommage cependant qu'A. Madelin n'incrimine pas aussi la mondialisation, ce phénomène infiniment pervers qui rend, comme par magie, le modeste paysan ardéchois solidaire d'excès spéculatifs commis à des milliers de kilomètres de sa misérable ferme...

Pour rappel : dans une interview accordée à La Tribune des 10 et 11 octobre 2008, Valéry Giscard d'Estaing reconnut "... que le grand coupable, dans cette affaire, c'est la globalisation qui a conduit à diffuser sur la planète des produits et des pratiques contestables qui auraient dû rester cantonnés dans la sphère nationale. La globalisation n'est pas la bonne solution ; les vagues qu'elle crée sont trop fortes. Il faut s'interroger aussi sur nos actes : pourquoi avoir fusionné la Bourse de Paris et celle de New York? C'est une idée étrange. Dans ce monde, il faut de grands ensembles de nations qui soient homogènes et gèrent leurs affaires en commun. L'Europe est un de ces ensembles, tout particulièrement la zone euro."

Sources : Le Nouvel Observateur du 02 au 08 octobre 2008 et La Tribune des 10 et 11 octobre 2008.

Par versaint getorix - Publié dans : Crise 2008
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